
La certification HAS (6ème cycle, 2025-2030) a durci les règles du jeu. Depuis septembre 2025, le contact systématique de 100% des patients ambulatoires entre J+1 et J+3, avec traçabilité horodatée obligatoire dans le DPI, est devenu une exigence incontournable.
Et ce n'est pas qu'une question de conformité sur le papier : lors des audits HAS, les établissements qui réalisent le suivi mais ne le tracent pas correctement sont considérés comme non conformes. Pire encore : 40% des établissements ne respectent pas encore cette obligation.
Mais concrètement, qu'est-ce que ça change au quotidien ? Quelles sont les erreurs qui mènent droit à la non-conformité ? Et surtout, comment s'organiser pour ne pas crouler sous la charge administrative ?
Nous faisons le point dans cet article.
Avant, le suivi post-opératoire à J+1 était recommandé mais pas obligatoire. Et quand il était réalisé, sa traçabilité restait... approximative. Une note griffonnée ici, une mention dans un coin du dossier là.
Aujourd'hui, les règles du jeu ont changé :
AvantMaintenant (HAS 6e cycle)Suivi J+1 recommandéContact J+1 à J+3 obligatoire pour 100% des patientsTraçabilité optionnelleTrace horodatée dans le DPI obligatoirePas de vérification systématiqueAudit HAS via patient traceur + vérification dossiersAucun indicateur nationalIQSS "Contact J+1 à J+3" mesuré nationalement
La nuance est importante : ce n'est pas juste le suivi qui est obligatoire, c'est sa traçabilité horodatée. Et c'est là que beaucoup d'établissements se font piéger.
Parce que le suivi à J+1 est le filet de sécurité du virage ambulatoire. Quand on fait sortir un patient le jour même de son opération, il faut pouvoir vérifier qu'il va bien une fois rentré chez lui. C'est aussi simple que ça.
Sans traçabilité, impossible de prouver que ce suivi a été fait. Et sans preuve, la HAS considère que le suivi n'a pas eu lieu.
Le critère HAS se résume en une phrase, mais elle cache 5 exigences techniques précises :
"L'établissement assure un suivi systématique des patients pris en charge en ambulatoire dans les 24 à 72 heures suivant leur sortie, avec traçabilité horodatée dans le dossier patient."
Pas 95%, pas 98%. 100%. Enfin, presque : la HAS tolère un taux de couverture supérieur à 95% , mais clairement, l'objectif c'est le 100%.
Ça veut dire que chaque patient sorti en ambulatoire (chirurgie, médecine, obstétrique) doit être contacté, sans exception.
L'idéal, c'est de contacter le patient entre 24 et 48 heures après sa sortie (J+1). Si c'est un week-end, on peut aller jusqu'à J+3. Au-delà, ça devient limite.
Les modalités acceptées par la HAS :
C'est LE point qui coince pour beaucoup d'établissements. L'horodatage doit être automatique, pas saisi manuellement en fin de journée.
Si une IDE appelle ses patients le matin et saisit toutes les traces à 16h, l'horodatage du DPI indiquera 16h pour tous les contacts. L'auditeur HAS le repère immédiatement. Et c'est la non-conformité directe.
Les fichiers Excel externes ? Les registres papier ? Oubliez. La trace doit être native ou interfacée dans le DPI , sinon elle n'existe pas aux yeux de la HAS.
Chaque IDE ne peut pas improviser ses questions selon son humeur et ses habitudes de communication. Il faut un protocole formalisé avec les mêmes questions pour tous les patients : douleur, température, saignement, mobilité, prise médicamenteuse, etc.
La HAS ne se contente pas de vérifier des procédures sur le papier. Elle utilise une méthode redoutable : le patient traceur.
Comment ça se passe concrètement :
Si le patient répond "non" ou si la trace est absente/incorrecte, c'est une non-conformité immédiate.
Traduction : On ne peut plus tricher. La HAS vérifie la réalité terrain, pas juste les procédures.
La théorie c'est bien, mais concrètement, ça donne quoi dans le DPI ?
[TRACE SUIVI POST-OPÉRATOIRE J+1]Horodatage automatique : 15/01/2026 à 14h32Patient : M. MARTIN Jean, né 03/08/1972, IPP 2456789Intervention : Arthroscopie genou droit ambulatoire (14/01/2026)Chirurgien : Dr DURANDModalité contact : SMS bidirectionnel automatiséProfessionnel responsable suivi : IDE LEROY Sophie (service orthopédie)
Questions protocole (conformité procédure SUIV-AMB-001) :
Analyse : Évolution post-opératoire favorable, pas de signe d'alerteAction décidée : Aucune action nécessaire, suivi habituelProchaine étape : Consultation chirurgien J+7 (22/01/2026) maintenue
[FIN TRACE - Archivage automatique - Hébergeur HDS certifié]
Ce qui rend cette trace conforme :
15/01 : Appelé M. Martin, OK, pas de problème. SL.
Pourquoi cette trace mène droit à la non-conformité :
Lors d'un audit HAS, cette trace sera considérée comme une absence de trace.
Dans les faits, les établissements utilisent trois approches pour tracer leur suivi J+1. Elles n'ont pas du tout le même niveau de conformité ni la même charge de travail.
Comment ça marche :L'IDE appelle chaque patient par téléphone, note les réponses sur papier, puis saisit tout dans le DPI en fin de journée.
Les avantages :
Les inconvénients :
Conformité HAS : ⚠️ Partielle - Le risque d'horodatage non fiable est réel.
Comment ça marche :L'IDE appelle le patient et saisit les réponses en direct dans une interface du DPI (tablette ou PC). L'horodatage se fait automatiquement.
Les avantages :
Les inconvénients :
Conformité HAS : ✅ Conforme (à condition d'atteindre les 100% de patients contactés)
Comment ça marche :Une plateforme envoie automatiquement un questionnaire par SMS à J+1. Le patient répond en un clic depuis son téléphone. Les réponses s'intègrent automatiquement dans le DPI via API . L'IDE ne consulte que les alertes (douleur élevée, complications).
Les avantages :
Les inconvénients :
Conformité HAS : ✅✅✅ Totale - C'est la méthode recommandée par les établissements déjà certifiés.
Certaines erreurs reviennent souvent lors des audits HAS. Et elles sont toutes évitables.
Le scénario classique :L'IDE appelle ses patients le matin entre 9h et 12h, puis saisit toutes les traces d'un coup en fin d'après-midi vers 16h30.
Le problème :Le DPI enregistre 16h30 pour tous les contacts. L'auditeur HAS le voit immédiatement (tous les patients contactés à la même heure ? Vraiment ?).
Conséquence : Non-conformité. L'horodatage n'est pas fiable = la preuve n'est pas recevable.
La solution : Saisie en direct pendant l'appel, ou automatisation SMS avec horodatage natif.
Le scénario :Chaque IDE pose les questions qui lui semblent pertinentes selon son appréciation. L'une demande la température, l'autre pas. L'une évalue la douleur sur 10, l'autre se contente d'un "ça va".
Le problème :Pas de protocole standardisé = impossibilité de comparer les données = non-conformité procédure.
Conséquence : Observation HAS (demande de formalisation du protocole sous 6 mois).
La solution : Rédiger un protocole formalisé avec les mêmes questions obligatoires pour tous les patients .
Le scénario :85% des patients sont contactés à J+1. Les 15% restants ? Oubliés, injoignables, ou "on n'a pas eu le temps".
Le problème :L'objectif HAS c'est 100% (avec une tolérance minimale à 95%) .
Conséquence :
La solution : L'automatisation SMS élimine l'oubli humain et garantit un taux de couverture de 100%.
Le scénario :Lors de l'audit, l'auditeur HAS demande l'extraction de 20 dossiers aléatoires. L'équipe met 45 minutes à rassembler les traces, éparpillées dans différents endroits du DPI.
Le problème :La HAS évalue aussi la capacité à extraire rapidement les preuves. Un délai trop long est un signe de désorganisation.
Conséquence : Ça pénalise l'établissement dans la notation globale.
La solution : Un outil qui permet l'extraction en 1 clic.
L'automatisation par SMS, c'est ce qui fonctionne le mieux sur le terrain.
Étape 1 : Paramétrage initial
Étape 2 : Le pilotage automatique au quotidien
Étape 3 : L'archivage et l'audit sans y penser
La certification HAS (6e cycle, 2025-2030) a changé les règles du jeu. Aujourd'hui, faire le suivi post-opératoire ne suffit plus : il faut pouvoir le prouver, avec une trace horodatée automatique dans le DPI.
Les établissements qui s'accrochent aux méthodes manuelles se retrouvent avec :
Ceux qui basculent sur l'automatisation SMS observent :
La question n'est plus "est-ce qu'on doit tracer ?", mais "comment on trace efficacement sans couler sous la charge ?".
Et sur ce point, les chiffres sont clairs : l'automatisation SMS est devenue la norme dans les établissements qui réussissent leur virage ambulatoire.