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À mesure que les données de santé circulent, fiabiliser l’identité patient devient crucial. L’identitovigilance s’impose comme un levier clé pour sécuriser les soins et fluidifier les échanges.
L’essentiel à retenir :
L’identitovigilance désigne l’ensemble des mesures mises en œuvre pour fiabiliser l’identification d’un patient à chaque étape de sa prise en charge. Elle répond à une question simple : soignons-nous la bonne personne ?
Un résultat attribué au mauvais patient ou un antécédent ignoré relèvent directement des enjeux de sécurité des soins et d’évaluation des risques. L’identitovigilance constitue donc un élément central pour garantir que chaque décision concerne le bon patient.
Les erreurs commencent souvent par des détails : une lettre manquante, une date inversée, un doublon créé dans l’urgence. Il arrive aussi qu’un dossier soit ouvert sous le nom d’usage au lieu du nom de naissance, ou que deux patients soient confondus à cause d’une homonymie.
Ces notions sont proches, mais recouvrent des réalités différentes :
L’identitovigilance ne se limite pas à éviter des erreurs. Elle s’inscrit dans une démarche globale de qualité, de sécurité et de respect des droits des patients. Une identité mal maîtrisée peut en effet compliquer l’accès au dossier patient, générer des doublons et ralentir le travail des équipes, avec un coût organisationnel et juridique non négligeable.
Dans un environnement où les données circulent en permanence, l’identitovigilance garantit que chaque consultation, chaque examen, chaque document est bien rattaché à la bonne personne, assurant ainsi la sécurité du parcours de santé.
Une identité fiable permet d’assurer un accès sécurisé au dossier médical, d’éviter toute divulgation d’informations à la mauvaise personne et de préserver la confidentialité des données de santé. Elle participe ainsi pleinement au respect de la vie privée.
L’identitovigilance repose sur une série d’actions concrètes, intégrées dans les pratiques quotidiennes.
Créer une identité fiable repose sur des étapes simples et rigoureuses : recueillir les traits d’identité obligatoires à partir d’un document officiel, les saisir sans modification, puis les vérifier avec le patient. En l’absence de justificatif, une identité provisoire est créée selon une procédure bien définie.
À chaque interaction - admission, consultation, examen ou acte - les professionnels doivent confirmer l’identité du patient, en s’appuyant sur plusieurs éléments (nom, prénom, date de naissance). Une répétition essentielle pour limiter les risques d’erreur.
Corriger une erreur d’identité ne consiste pas simplement à modifier une donnée. Cela peut impliquer de fusionner des dossiers et de supprimer un doublon. L’enjeu est alors de conserver l’ensemble de l’historique médical. Pour cela, chaque modification doit être tracée.
L’identitovigilance s’appuie aujourd’hui sur des outils numériques et des référentiels communs.
Les systèmes d’information - dossiers patients informatisés (DPI), logiciels d’admission ou encore l’utilisation de l’Identité Nationale de Santé (INS) - jouent un rôle structurant dans l’identitovigilance. Ils permettent de standardiser la saisie des identités et d’imposer des formats homogènes. Ces outils intègrent des mécanismes de contrôle et facilitent la traçabilité des modifications.
Les établissements doivent standardiser plusieurs types de documents pour fiabiliser l’identification des patients :
L’identitovigilance repose sur une organisation collective, structurée, qui implique l’ensemble des acteurs du parcours de soins.
Chaque professionnel intervient à un moment clé, avec un rôle bien précis :
Mettre en place des règles ne suffit pas. Encore faut-il qu’elles soient comprises, appliquées et maintenues dans le temps. Cela passe par des actions régulières : formations à l’arrivée des nouveaux professionnels, rappels des bonnes pratiques, diffusion de guides internes... Certains établissements mettent également en place des audits ou des campagnes de sensibilisation pour maintenir le niveau de vigilance.
L’identitovigilance est une démarche continue : elle doit être suivie, mesurée et améliorée en permanence.
Parmi les indicateurs les plus utilisés :
Lorsqu’une erreur survient, l’enjeu ne se limite pas à la corriger. Il s’agit de comprendre pourquoi elle s’est produite. L’analyse doit porter sur l’ensemble de la chaîne : erreur de saisie, défaut de vérification ou manque de formation. Cette démarche permet de mettre en place des actions correctives adaptées afin que les erreurs ne soient pas reproduites.
Dans un contexte de circulation accrue des données de santé, l’identitovigilance devient ainsi un enjeu structurant pour les établissements. Elle repose autant sur des pratiques rigoureuses que sur des outils capables de fiabiliser l’identité patient dans la durée.
Source : Référentiel national d’identitovigilance